Dans le secret d’un détective privé

A l’occasion de l’opération très spéciale Les mordus du polar, nous avons eu le privilège de rencontrer le détective privé Jean-Emmanuel Derny. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’être là, vous comprendrez que M. le détective doit rester incognito, vous ne pourrez donc pas voir son visage pour des raisons évidentes de sécurité ! Mais présentons-le brièvement.

Après avoir suivi un cursus spécialisé incluant de nombreux cours de droit, il a créé son agence il y a 10 ans, puis le Syndicat National des Agents de Recherches Privées, qu’il dirige toujours.

Et oui, en France, on ne les appelle pas détective privé (c’est la tournure américaine), mais Agents de Recherches Privées (A.R.P).

Après avoir exposé les multiples aspects de son travail ainsi que toutes les règles et procédures qui encadrent ses missions, les questions ont fusé dans le public. Les adultes autant que les enfants étaient friands d’anecdotes croustillantes, de détails précis sur la réalité du métier. Ils en ont redemandé jusqu’à ce que la bibliothécaire doive interrompre la discussion car le temps imparti à la rencontre était déjà écoulé !

 

Une foule de questions!

Une foule de questions!

Voici un aperçu :

  • Est-ce facile de reconnaître un détective privé? 

Non pas du tout, heureusement! Il faut être comme une personne lambda, il faut « faire le caméléon ». Selon la situation, on se déguise en homme d’affaires en costume, ou en jean et baskets pour rester en planque dans la rue.

  • Combien y a-t-il de détectives privés en France? Y a-t-il des femmes?
© CSA Images

Il y en a aujourd’hui 700 contre 3000 avant. Car entre temps il y a eu un durcissement des lois encadrant la profession. Et oui, de plus en plus de femmes exercent cette profession. Et ça aide bien, car on fait quelque fois équipe avec des collègues femmes. Parfois c’est même nécessaire. En effet, il y a des missions, des infiltrations dans des milieux où une femme passera beaucoup plus inaperçue qu’un homme et sera mieux accueillie.

  • Franchissez-vous les limites de la légalité parfois pour aboutir dans vos recherches?

La profession est très encadrée par la loi. Le cœur du métier est d’apporter des preuves en restant dans le cadre de procédures judiciaires. Les moyens mis en œuvre pour recueillir ces preuves doivent impérativement être légaux et loyaux. Sinon les indices trouvés illégalement ne seront pas retenus lors des procès. Donc, en plus, ça ne servirait à rien.

Il y a de plus en plus, c’est vrai, de demandes illégitimes des clients, mais là on dit HALTE !

 

  • Être détective, est-ce seulement s’occuper des infidélités conjugales? 

Non. C’est vrai, on a beaucoup d’affaires de ce type, pour être prêt avec des preuves le jour du verdict des divorces. Mais on a aussi des missions sur du travail clandestin présumé, de la concurrence déloyale, des trafics de contrefaçons, des informations à chercher dans le domaine de l’intelligence économique.

© Headhunters
  • Est-ce que la profession ressemble à ce que l’on peut lire dans les romans ou voir dans les films ? 

La réalité est très différente de la fiction. Et les temps ont évolué.

Dans les romans policiers, Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou Nestor Burma – que j’aime particulièrement – menaient leurs enquêtes en lien avec la police. Cette situation n’est pas possible aujourd’hui. Les détectives privés travaillent très rarement avec la police, d’autant qu’ils ne travaillent sur aucune affaire qui relève du droit pénal. Mais des discussions à ce sujet pour des partenariats sont en discussion. En revanche, ils travaillent souvent avec des avocats et des huissiers.

Comme dans les films policiers, le détective privé se planque pour observer et réunir des preuves. Mais une scène qui dure quelques minutes à l’écran peut souvent durer de très longues heures dans la réalité, sans bouger. Pour exercer ce métier, il faut être très patient.

  • Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier?  

Ce que j’aime dans mon métier c’est la diversité. C’est l’occasion de rencontrer des gens tellement différents. Travailler sur une affaire où des sommes colossales sont en jeu ou une petite autre au sein d’une famille. Sans s’y attendre, on découvre des personnages très intéressants.

  • Y a-t-il beaucoup d’affaires qui ne sont pas résolues? 

 Ça peut arriver oui. Mais avec l’expérience, on peut le prévoir dès la présentation du problème par le client. Si le client a très peu d’informations et pratiquement pas de budget, on peut déjà savoir que l’enquête sera vouée à l’échec. De même si on sent que le client veut nous faire aller vers un terrain où on entrera dans l’illégalité. Mais oui, il arrive que les recherches soient infructueuses, qu’on ne trouve rien.

  • Quelles sont les qualités pour devenir un bon détective privé ?

Il faut être très patient, non seulement pour les longues heures de planque, mais aussi pour la rédaction des rapports. En effet, on oublie souvent que le détective doit produire de nombreux documents administratifs.

Un détective ne doit pas être timide car il doit pouvoir engager la conversation avec n’importe qui pour recueillir des informations (enquêtes de voisinages, etc.) 

Il doit aussi avoir un sens de l’observation aigu, et savoir s’adapter à toutes les situations. Lors de filatures, il doit pouvoir infiltrer toutes sortes de milieux.

© U.F.E.D.P Union Fédérale des Enquêteurs de Droit Privé

Cette rencontre a peut-être déclenché des vocations pour les Mordus ?

Si vous souhaitez mener des enquêtes et récolter des preuves, il existe après le Bac, trois centres de formation : L’institut de Formation des Agents de Recherches à Montpellier, les licences professionnelles à l’université de Vauban à Nîmes et au Centre de Formation Permanente de l’Université Panthéon-Assas de Paris 2. Un centre de formation continue est également accessible pour ceux déjà en fonction.

Pour être incollable sur le métier, vous pouvez consulter le site Internet de son agence  ou lire son livre Détectives privés : des agents très secrets publié chez l’Harmattan.

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