Vous n’avez jamais vu d’OFNI?

Wrong, le film de Quentin Dupieux sorti le 5 septembre 2012, trône désormais dans les tiroirs de DVD de la médiathèque. L’occasion était trop belle pour parler de ces films aux idées farfelues, improbables… bref de véritables OFNI (Objet Filmé Non Identifié).

Vous est-il déjà arrivé d’être complètement décontenancé, que dis-je, désarçonné par un film? Les repères pépères auxquels le cinéphile du dimanche est habitué sont mis à mal et laissent la place à l’incompréhension, la stupéfaction totale. En somme, vous errez dans une sorte de no man’s land où l’entendement trouve en vain à quoi se raccrocher pour ne point faillir… Les films dont il va être question ici défient les frontières de l’imaginaire d’un terrien lambda, explorent des contrées inconnues et vierges de toute pensée humaine hormis de celui ou celle qui a rêvé et concrétisé ce qui se passait dans sa p’tite tête en objet filmé.

Ces films n’ont pas de limites et nous surprennent de maintes façons: en voici un mini-échantillon bien qu’il y aurait encore tant de choses à dire sur ce sujet…

Les animaux, sujets de prédilection des OFNI

  • Revenons au film Wrong de Quentin Dupieux : sa seule évocation est une évidence quant au fait de figurer dans cet article. De quoi parle le film au juste? Il s’agit d’un type à la recherche de son toutou, Paul de son prénom. Ce dernier a-t-il été kidnappé? S’est-il simplement laissé entraîner par une cohorte de chien(nes)? La simple vue du visage navré et en détresse du maître, Dolph, ne laisse aucune place au doute : nous nageons en pleine sphère risible et absurde, agrémentée de trublions complètement barrés: l’OFNI est bel et bien là!

A la recherche de toutou Wrong
Le pouët-pouët préféré de Paul le fera-t-il revenir?

  • Dans le même registre, à savoir « j’en pince grave pour un animal« , il y a Le lièvre de Vatanen. Tom Vatanen est un journaliste et photographe de talent. Alors qu’il est sur le chemin du retour d’un reportage sur un fait dramatique, il heurte en voiture un lièvre mais au lieu de passer son chemin (comme le ferait la plupart des mortels, non?), il part à la recherche de cet animal dans la forêt… C’est donc une jolie histoire d’amitié entre un homme et… un lièvre! Cerise sur le gâteau: c’est Christophe Lambert qui interprète le rôle de Tom Vatanen. En passant, l’idée du film vient d’un roman d’Arto Paasilinna du même titre.

le lievre de vatanenQu’est-ce que l’on ne ferait pas pour protéger lapinou?

  • Dans la catégorie « je me remets difficilement du deuil de mon animal chéri« , il y a Toujours tout droit. Voyez plutôt le synopsis: « Alberto, trente ans, partage sa vie entre un travail abrutissant et Louis, son canari. Un soir, il découvre Louis mort, inanimé dans le fond de sa cage. Quelque temps plus tard, Alberto, qui a perdu l’usage de la parole, dort sur un banc public. Ses cheveux et sa barbe ont poussé. Emmené dans un hôpital pour personnes démunies, il siffle pour communiquer. Pendant sa toilette, il rencontre un homme d’une cinquantaine d’années qui siffle sous sa douche. Ce dernier s’appelle Louis et lui propose de le suivre à une certaine adresse. Le voyage commence…« 

Mais les animaux ne sont pas que gentils! Des réalisateurs les ont aussi imaginés en dangereux psychopathes.

  • Voici un film qui vous donnera l’occasion d’envisager le mouton, animal typiquement zen qui passe son temps à brouter avec nonchalance et mater de son œil vitreux tout ce qui passe, en créature ayant complètement pété les plombs: Black Sheep de Jonathan King : « Henry est phobique des moutons. Pourtant, il va devoir retourner dans son pays natal pour des questions d’héritage. Cet endroit est une ferme… avec plein de moutons! » Pour complexifier la chose, des chercheurs dans un laboratoire non loin de la ferme mettent au point une espèce de mouton mutante… Comment Henry va surmonter sa peur des moutons et les affronter de surcroît?

Tout et n’importe quoi, menace de la terre entière :

Photo retour des tomates tueuses

  • les tomates :

George Clooney en livreur de pizzas face à des tomates très méchantes? Oui, ça existe! Le retour des tomates tueuses aiguise forcément la curiosité et on ne peut donc s’empêcher de l’emprunter en le glissant discrètement dans son sac (après l’avoir enregistré aux automates de prêt, bien évidemment 🙂 ).

  • les bananes :

Vous n’avez rien contre les bananes? Et bien vous les verrez différemment après avoir vu Banana mother fucker, court-métrage portugais diffusé au Forum des Images dans le cadre du festival « Mille et une forêts » en avril 2012. Ce court métrage est un enchaînement non-stop de tueries sauvageonnes perpétrées par ce fruit à tel point que l’on en rit (tout en étant horrifiés !). Je laisse le lecteur averti trouver lui-même le « chemin » pour accéder au trailer sur internet (parce que ce type de recherche amène d’autres liens douteux). Malheureusement, il n’est pas sorti en DVD mais dès que se sera le cas, vous saurez où le trouver 😉

moussaka1

  • la moussaka :

L’attaque de la moussaka géante n’est pas dans notre médiathèque mais vous pouvez l’emprunter ou ! Vous trouvez absolument intolérable que nous ne l’ayons pas?? Manifestez-vous et écrivez-le dans notre cahier de suggestion à l’accueil du RDC!

  • un pneu :

Rubber n’est rien d’autre qu’un film sur un pneu serial-killer. On n’y croit pas, hein!? On est dubitatif? Et pourtant! Quentin Dupieux réussit à nous faire vrombir de plaisir face aux aventures de ce pneumatique qui ne manque pas d’air 🙂

Course poursuite RubberCourse poursuite effrénée

Bizarroïde un brin trash :

  • Vous n’avez jamais vu une femme accoucher d’une pastèque dans une cage d’escalier? Ou encore fumer avec les pieds (d’un(e) autre, de préférence, à moins d’être très souple)? Et bien c’est l’occasion avec le film de Tsai Ming-Liang, La saveur de la pastèque… Âmes sensibles s’abstenir: le film est résolument trash! Le réalisateur a imaginé une ère de sécheresse où l’eau est rare et où les pastèques, par contre, abondent si bien qu’elles servent à se désaltérer (et aussi à pimenter des scènes d’un film porno). Un acteur de film porno retrouve un amour perdu mais, bien que l’entente entre les deux êtres est aussi parfaite qu’au premier jour, l’homme reste impuissant face à cette femme. Pour couronner le tout, des chansons à la sauce Bollywood étoffent le film avec des chorégraphies des plus farfelues et audacieuses (l’image ci-dessous en atteste!):

En vrac :

  • Voici un OFNI étrange en noir et blanc : Histoire trouble de Jérôme Lefdup: « Le premier film en relief ne nécessitant pas de lunettes! ». Parmi les personnages, il y a Jean-Paul « grand amateur de chaussettes et d’absolu », une mère qui s’appelle « Maman » (assez original pour être souligné) et Léon Trotski, de passage à Chamonix… Le film a été réalisé à partir de photos stéréoscopiques trouvées dans une brocante. Si vous souhaitez l’emprunter, c’est et si vous voulez être convaincu, voyez plutôt l’extrait ci-dessous:

C’est un peu fatigant visuellement mais il faut s’accrocher parce qu’il y a vraiment des passages très drôles tout au long du film…

  • Qui dit OFNI, dit cinéma de Lynch!

Eraserhead: D’accord, c’est un peu facile de prendre un film de David Lynch, mais la scène du dîner avec les beaux-parents qui ont eu la bonne idée de cuisiner un poulet dégoulinant d’un liquide noirâtre donne tout autant envie de se convertir au végétarisme que d’abandonner « beau-papa et belle-maman » au bord de la route…

Plus soft, le film du même réalisateur Une histoire vraie raconte tout de même l’histoire « vraie » d’un pépé qui décide de rejoindre son frère aîné qui se trouve à 700 kilomètres en tracteur de jardin (à raison de 7 km/heure), faute de permis… Pour les forts en maths, je laisse le calcul du nombre d’heures de route à effectuer…

  • Les convoyeurs attendent de Benoît Mariage: Roger (alias Benoît Poelvoorde), père de famille habitant la zone pavillonnaire de Charleroi, rêve de rentrer dans le livre des Records et de gagner une voiture; pour cela, il se met en tête d’entraîner son fils à battre le record du nombre d’ouverture et de fermeture de porte en 24H, à savoir plus de 40 000 fois!

  • La soupe aux choux: est-il vraiment nécessaire de présenter cet OFNI de premier ordre? (que nous avons en deux exemplaires! On assume… plus ou moins bien…)
  • Blanca Nieves nouvellement arrivé dans les rayons, il montre une adaptation de l’histoire de Blanche-Neige transposée à Séville au début du 20ème siècle avec… Tadaaaaam! des nains toreros!!! C’est pas beau, ça? Le film est, mis à part cette ofnitude, un véritable petit bijou! La BO toute aussi remarquable est disponible à la bibliothèque!
  • Rosemary and Thyme : on est dans la version féminine du tandem Holmes – Watson, adepte de jardinage. Ca dépote! (en plus de rempoter…)
  • Tempête de boulettes géantes : un film pour la jeunesse qui raconte l’histoire d’un inventeur ayant créé une machine qui fait pleuvoir de la nourriture…

Pour terminer en beauté et surfer sur la vague de cet article consacré aux OFNI, vous pouvez lire « Le retour des 101 nanars : une nouvelle anthologie du cinéma navrant (mais désopilant) » avec une magnifique photo de Sean Connery en couverture…

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