Cliché n°7 : les romans jeunesse, c’est que pour les gosses

Ah, combien de fois êtes vous passé parmi les rayonnages de notre espace jeunesse, combien de fois avez vous salivé devant telle saga de science-fiction où les ados se font opérer à seize ans pour gommer leurs défauts physiques ou devant ce mignon petit âne qui va à l’école avec des cochons… et combien de fois vous êtes vous repris au moment même où vous alliez tendre la main vers l’objet de vos désirs en vous rappelant que vous aviez 37 ans,  un chien à nourrir, une retraite complémentaire et donc plus du tout l’âge de perdre votre temps avec ces bêtises mais bien plutôt celui de lire des livres sérieux.

Et bien, on va vous aider : n’ayez pas peur. Vous avez le droit de prendre des romans classés en jeunesse. Vous avez le droit de vous faire plaisir. Parfois, vous n’allez même pas retomber en enfance. Il est même possible que vous soyez sacrément remué par un bouquin dont vous espérez bien que votre nièce de 12 ans ne comprendra pas toutes les subtilités. Et, promis, le bibliothécaire ne se moquera pas de vous. Lui aussi, il lit des romans jeunesse, de temps en temps. De toute façon, personne ne résiste à la salsa des saucisses. Pas même nous, qui pourtant savons nous farcir avec délice des bouquins où ça ne twiste pas du tout.

Ceux là, par exemple, on vous les recommande quel que soit votre âge :

Python

La danse du python, de Norman Silver

A dix-sept ans, Ruth est essentiellement préoccupée par la taille de sa poitrine. Mais quand la jeune fille de bonne famille s’ouvre au monde, elle se rend compte qu’il y a d’autres choses bien plus importantes que ses complexes. Surtout en Afrique du Sud en 1967… Ce roman d’initiation nous plonge dans la complexité de la société sud-africaine, mais aussi dans son atmosphère lourde, sensuelle, chargée de chaleur et de mystères, et dans la fièvre de l’adolescence confrontée à l’énergie et à la colère des années soixante.

a

Rien, de Jeanne TellerRien

Pierre Anton, 13 ans, décide d’assumer le vide de sens de la vie et se réfugie en haut d’un prunier. Ses copains, déroutés par cette attitude, décident de le défier en érigeant un « mont de signification » destiné à montrer que certaines choses ont du sens. Chacun sera amené à s’arracher à ce qui a de la valeur pour lui. Mais l’expérience dépasse vite les adolescents… Une intrigue stupéfiante, une écriture vive et rythmée font de ce roman, lauréat du prix du meilleur livre jeunesse au Danemark en 2000, une parabole existentielle, cruelle… et pleine de sens.

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SexySexy, de Joyce Carol Oates

Darren fait partie de l’équipe de natation de son lycée, il est séduisant, il a des amis : il fait incontestablement partie des cools du lycée. Quand il se rend compte, sans qu’il ne se passe rien, que son charme agit aussi sur M. Tracy, son prof de littérature, le jeune homme est mal à l’aise. Et quand M. Tracy est accusé de harcèlement sexuel par des copains de Darren vexés de collectionner les mauvaises notes, Darren, moins sûr de lui et moins indépendant qu’il en a l’air, hésite à lui venir en aide… Un roman subtil sur la responsabilité morale, l’ambiguïté des sentiments et des situations et l’étrange pouvoir de l’adolescence.  Joyce Carol Oates ne fait rien pour nous rassurer ni pour faciliter le jugement du comportement des uns et des autres : à nous de déceler le grave et l’excusable, le fatal et l’évitable, le bien et le mal.

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La plus belle fille du monde, de Agnès DesartheLa plus belle fille du monde

Quand Liouba Gogol entre dans la classe de sa nouvelle classe de seconde, tous en ont une conscience immédiate : elle est tout simplement la plus belle fille du monde. Sandra, la narratrice, tente d’écrire le roman de ce bouleversement. L’écriture d’Agnès Desarthe est acérée, ironique, d’une grande sensibilité, et le roman est infiniment drôle, plein de vie, d’interrogations profondes et dérisoires et de générosité. Finalement, on a tous un peu 14 ans. Et c’est bien de se le rappeler, parfois !

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