Oh mon dieu, ils sont plus jeunes que moi !

Avoir grandi dans les années 90, on pensait savoir ce que ça voulait dire : avoir mangé de la brandade de morue à la cantine du CP au CM2 en attendant désespérément la réforme de l’Éducation Nationale qui rendrait les frites obligatoires ; avoir écouté Ace of Base sur son walk-man pendant les longs trajets de voyage de classe vers une villa romaine censée démontrer à quel point l’option latin était fun ; s’être déchaîné sur la Macarena dans les folles boums du samedi après-midi…

On pensait que tout le monde, étant plus ou moins passé par ce doux ronron, en était à peu près au même point en 2012. Mais plus le millénaire avance, plus on pleure en constatant que visiblement, ce n’est pas le cas. Et que ce n’est pas une erreur sur Wikipedia :

– oui, Xavier Dolan, qui sort aujourd’hui son dernier film, Laurence Anywas, est bien né en 1989 (vous, au moins,  vous vous souvenez de la chute du mur de Berlin). Le réalisateur virtuose de J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires dessine un univers à la fois pop, tendre et cruel où se déploient la fougue, les rêves et les désirs bouillonnants de sa jeunesse. Une insolente audace qui charme… ou agace.

– encore oui, Justin Torres, a vu le jour en 1981. Son premier roman, Vie animaleesquisse des fragments de la vie d’une fratrie d’un milieu populaire, à travers le regard du benjamin. L’affection et la brutalité des frères, l’amour et la violence des parents, la rudesse des conditions de vie : tout est crû, à vif, ardent; tout est sauvage et charnel. Le temps de l’enfance est celui de la jungle. Ce récit saisissant en épouse le rythme, les vibrations, la flamboyance. Ruez-vous sur ce roman, vous n’en reviendrez pas !

-toujours oui,  Bastien Vivès  est né en 1984.  Le Goût du chlore, la BD qui lui a valu le prix Révélation du festival d’Angoulême en 2009, raconte la rencontre d’un garçon et d’une fille, dans le décor unique d’une piscine municipale. Presque pas de dialogue, presque pas d’indices sur les personnages, une relation à peine nouée : presque rien et pourtant l’album touche la grâce, la fluidité, la légèreté aquatique de l’amour naissant. L’univers de Bastien Vivès évoque avec humour et sensibilité les relations humaines, les incompréhensions, les déceptions. Ça sent l’adolescence qui a du mal à finir, et c’est bon.

Ces types là ont forcément pris de l’avance pendant qu’on révisait le brevet devant Parker Lewis, non ?? Ils faisaient déjà autre chose, vous ne pensez pas ? Ou alors… ou alors c’est qu’on pourrait s’y mettre nous aussi ??? Et pourquoi pas ? D’accord, Amy Winehouse a rejoint la légende en se retirant à 27 ans, mais après tout Leonard Cohen a sorti son premier album à seulement, 33 ans, et il se porte mieux qu’elle. Pas besoin de brûler (sa vie) pour briller : vous avez 30 ans, tout n’est (peut-être) pas perdu. Si toutefois vous arrêtez de perdre ce qui vous reste de jeunesse en vous gavant de Chocapic devant des rediffusions de Beverly Hills.

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